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Cyberattaques· 2 min de lecture

Ledger confirme un implant espion caché dans des portefeuilles crypto vendus par un revendeur

Ledger reconnaît qu'au moins un portefeuille matériel vendu par le revendeur CryptoBilis avait été modifié pour voler la phrase de récupération de ses propriétaires. Voici ce qu'on sait et comment s'en protéger.

À lire aussi : Le premier récit de l’affaire et le montant des vols.

Un portefeuille crypto « physique » est censé être le coffre-fort le plus sûr pour ses cryptomonnaies. Sauf quand il a été trafiqué avant d’arriver chez vous. C’est ce que Ledger, l’entreprise française spécialisée dans ces appareils, vient de confirmer.

Ce que Ledger a confirmé

Le 9 octobre 2026, Ledger a ouvert une enquête sur des vols de cryptomonnaies liés à des appareils vendus par un revendeur, CryptoBilis, basé en Malaisie. Il lui a demandé d’arrêter ses ventes et ses expéditions. Le 10 octobre, l’entreprise a confirmé une altération matérielle sur au moins un appareil, sans dire quand ni comment elle a été faite.

Ledger indique que toutes les pertes signalées concernent des appareils vendus par ce revendeur, et qualifie le volume touché de « limité ». Aucun montant total n’est confirmé dans les sources que nous avons consultées.

Comment fonctionnait l’implant

Selon des chercheurs, dont Mark Karpelès et l’équipe de Tibane Labs, des Ledger Nano X modifiés contenaient une puce ajoutée en cachette. Elle copiait ce qui s’affichait à l’écran et les appuis sur les boutons, ce qui permet de reconstituer la phrase de récupération (les 24 mots qui donnent accès à tous vos fonds). Elle l’envoyait ensuite à distance grâce à une eSIM. Tibane Labs a identifié deux variantes de l’implant.

Les appareils piégés étaient vendus environ moitié prix, notamment via des plateformes japonaises, par des vendeurs établis en Chine et expédiés depuis la Malaisie. Les cas connus concernent donc l’Asie du Sud-Est. Rien dans les sources ne signale à ce jour de revendeur européen touché, mais l’affaire montre qu’un appareil sûr peut être modifié sur le trajet.

Pourquoi le contrôle « Genuine Check » ne suffit pas

Ledger propose un contrôle d’authenticité dans son application. Mais l’entreprise reconnaît qu’il ne détecte pas ce type d’implant si la puce de sécurité d’origine est intacte. Le piège passe donc sous le radar.

Que faire

  • Achetez uniquement sur le site officiel de Ledger ou chez un revendeur agréé. Un prix très bas est un signal d’alerte.
  • Appareil acheté chez CryptoBilis et pas encore configuré : ne l’initialisez pas.
  • Appareil déjà configuré : créez un nouvel appareil Ledger avec une nouvelle phrase de récupération, puis transférez-y vos fonds.
  • Ne reprenez jamais un portefeuille d’occasion ou déjà configuré, et ne saisissez jamais votre phrase de récupération ailleurs que sur l’appareil.

Pour sécuriser le reste de vos comptes, consultez notre guide sur l’activation de la double authentification.

Ce qu'il faut retenir Ledger a confirmé qu'au moins un portefeuille vendu par le revendeur CryptoBilis contenait un implant matériel qui volait la phrase de récupération. Les cas connus sont en Asie du Sud-Est, mais la leçon vaut partout : n'achetez un portefeuille crypto qu'auprès de Ledger ou d'un revendeur agréé, jamais d'occasion ni à prix cassé. Si vous avez un appareil acheté chez CryptoBilis, ne l'utilisez pas et transférez vos fonds vers un nouvel appareil avec une nouvelle phrase.