Assises de la cybersécurité : le patron de l'ANSSI refuse de chercher « l'hydroxychloroquine de la cyber »
À Monaco, Vincent Strubel a appelé à regarder les failles en face plutôt que de croire aux solutions miracles, IA comprise. Et plaidé pour une cybersécurité capable d'imposer des mesures.
Le rendez-vous annuel de la cybersécurité française s’est tenu au Grimaldi Forum de Monaco. Pour cette 26ᵉ édition des Assises de la cybersécurité, placée sous le thème « Osons ! », le directeur général de l’ANSSI, Vincent Strubel, a donné le ton dès l’ouverture : après une année noire, les attaquants ont déjà « plombé l’ambiance ».
Pas de solution miracle
Son message principal : arrêter de croire aux promesses technologiques. La sécurisation des systèmes d’information est un « chantier colossal » qui demande du temps et des moyens. Il a ironisé sur la recherche d’une « hydroxychloroquine de la cybersécurité », ce remède unique qui réglerait tout.
Reconnaître ses failles
Vincent Strubel a plaidé pour davantage de transparence : reconnaître les failles et en tirer des leçons, comme on fait un retour d’expérience après une crise. Il a cité en exemple le rapport de l’agence sur les attaques subies par la DGFiP cette année.
Une cyber qui peut imposer
Autre idée forte : la cybersécurité doit pouvoir imposer certaines mesures, et pas seulement les recommander. Il a évoqué les avancées obtenues cet été auprès des administrations, ainsi que les textes européens NIS 2 (dont la transposition française dépend encore du processus législatif) et le Cyber Resilience Act.
L’IA, sans le marketing
Sur l’intelligence artificielle, le patron de l’ANSSI la voit d’abord comme un multiplicateur de force pour les attaquants. Côté défense, il appelle à mesurer les gains réels et à « sortir » du discours marketing, en rappelant que « les bonnes pratiques de base restent le premier rempart ». Il a aussi invité les grands éditeurs d’IA à assumer leur part de responsabilité.